1 In Life

Le jour où j’ai crevé sur la route (une histoire pleine de suspense et de rebondissements)

Aujourd’hui j’ai crevé en rentrant tranquillement manger chez moi le midi. Bon, en vérité, j’avais du crever en me garant sur le parking du bureau ce matin, étant donné l’état de mon pneu et de ma jante !

J’ai donc crevé. Et comme je suis vraiment vraiment trèèèès attentive à ma voiture, je ne l’ai évidement pas remarqué tout de suite. J’ai roulé cinq bonnes minutes comme ça, avant qu’une voiture ne me fasse de bons appels de phares. J’ai d’abord pensé que c’était encore une de ces crétines de conductrices dégénérées qui veulent toujours aller plus vite que tout le monde, alors je l’ai ignorée (pardon madame). Puis elle a commencé à klaxonner, puis à me doubler pour se tanquer devant moi, warnings au vent, avant de me forcer à m’arrêter sur le côté. Toujours persuadée qu’il s’agissait d’une acharnée du bocal, j’étais à deux doigts de lui crier dessus, lorsqu’elle a gentiment baissé sa vitre avant de me dire sur un ton affolé :

« Attention, vous avez un pneu a plat ! »

J’ai remballé mes injures, je l’ai remercié et j’ai quitté la route pour me rendre sur le premier parking que j’ai trouvé, celui de Norauto. Ironie du sort !

Là, vous êtes en droit de vous dire « ok, cette fille a quand même de la chance, elle crève et le premier parking qu’elle chope, c’est celui du Norauto », oui bah en fait non. Parce que moi, voyez-vous, je ne suis pas vraiment de ces gens à qui tout tombe tout cru dans le bec !

Je suis donc là, sur mon parking, entre midi et deux, avec la dalle et mon enjoliveur de traviole. Je comptes les minutes avant de retourner au boulot. Je me dis que je suis dans la crasse. Vianney passe sur mon poste radio et la je me dis que c’est un signe : je vais passer une après midi de merde (pardon a tous ceux qui aiment Vianney).

Je sors de ma voiture et je un coup d’oeil à ma roue. Le caoutchouc est plat, lisse et déchiré. J’appelles mon chéri, qui, je le sais, est à la maison, en train de m’attendre pour le repas. Je l’appelle une fois, deux fois, douze fois, pas de réponse. Je fini par prendre mon courage a deux mains et j’ouvre le coffre de la voiture. Je soulève la moquette du coffre, pas de roue.

Je pars d’un rire jaune. Des gens passent et me regardent bizarrement. Quoi, ils n’ont jamais vu personne rire en regardant son coffre ouvert ? (Moi non plus, en fait). En grande fille que je suis, j’appelles mon père. Il me dit de regarder sous la voiture. Miracle ! Une roue ! Je raccroche et je réalise quelque chose de super important.

Je sais pas changer une roue.

Enfin, je veux dire, en théorie, tout est simple. le cric, la roue, les boulons, on enlève les machins là, hop, on change, on est reparti. Sauf que non, en fait. Du coup je me dis que, puisque j’en suis là, à passer pour une gourde, autant y aller franco et aller demander de l’aide chez Norauto !

Sauf qu’il est treize heure et que ça ouvre à quatorze heure.

Me voila donc seule et déconcertée sur mon parking. Mais puisque le prince charmant existe, mon chéri fini par me rappeler. En dix minutes, il est là, prêt à en découdre avec ma roue. Mais là encore, rien n’est simple.

« T’as la clef ? »
« Celle de la voiture ? »
« Mais nan ! Celle pour débloquer la roue de secours (nouille que tu es) »
« Heu »

Va donc chercher la clef, partie en vacance sous un siège auto, puis le cric, trop bien caché, puis la mini clef, qui permet de retirer les enjoliveurs…finalement, au bout de quinze minutes à jouer a Sherlock Holmes, je dispose enfin de tous les outils pour changer ma super roue toute crevée.

C’est le moment qu’a choisi le ciel pour pleurer de rire devant ma situation, puisque la pluie s’est invitée, histoire d’en rajouter une couche.

On peut se demander si, en disposant de tous ces éléments, changer la roue a été plus rapide et pratique. Et bien, la réponse est non.

Dans un premier temps, l’enjoliveur bas de gamme et bien abîmé a été difficile à retirer. Après moultes tentatives, il s’est avéré que le seul moyen de le décrocher, c’est de tirer un grand coup dessus en croisant les doigts pour que ça ne casse pas (ou que ça ne te vole pas dans la tronche, au choix). Puis, quand il a fallut monter le cric, comme j’avais, auparavant, abîmé le bas de caisse, il a été difficile de le faire tenir sous la voiture. Enfin, j’ai sans doute hérité du cric le plus lent du monde. Il a fallut dix bonnes minutes pour que ma roue daigne quitter le sol. J’ai regardé mon chéri mouliner dans le vide en rigolant comme une baleine. Pauvre Amour, je sais toujours pas ce qu’il me trouve.

Après ça, il s’est avéré que les boulons avaient rouillé, ils étaient donc bien durs à retirer. Good Game ! Autant dire que si j’avais été toute seule, jamais je n’aurais réussi l’exploit de déboulonner un seul de ces trucs.

Précisons que ça fait trois mois que je dois changer mes quatre pneus, bien usés. Je me balade donc avec une belle roue de secours (qui est une vraie roue, dans mon cas, et pas une galette), plus neuve que mes trois roues. Et comme je suis donc hors la loi (oui, on ne doit pas rouler avec des pneus ayant 100% de différence d’usure, c’est interdit), je dois faire changer mes quatre pneus avant la semaine prochaine, ce qui va me couter 400 euros, soit les deux tiers de mon maigre salaire.

Roulez jeunesse !

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1 Comment

  • Reply
    Flowriteblog
    14 mai 2017 at 12 h 24 min

    Mon dieu, le moment catastrophe! Enfin, le point positif à cette histoire, c’est que tu m’as bien fait rire!

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