6 In Life

Routine du matin / Miracle Morning

Je ne suis pas du matin.

Comme beaucoup de monde, je pense, le matin à toujours été synonyme, chez moi de course contre la montre. Depuis l’adolescence et jusqu’à il y a environ un mois, mes matins étaient plutôt chaotiques. Je me réveillais, clignais des yeux et en une seconde, une demi heure s’était écoulée. Je passais alors la demi heure suivante à courir pour rattraper le temps perdu et je finissais toujours par partir au lycée ou à la fac en oubliant quelque chose. Un jour, j’ai même réussi l’exploit d’oublier mes chaussettes, je m’en suis rendue compte une fois dans le bus, ayant un peu froid dans mes baskets.

C’est bien simple, je n’avais le temps de rien. Je ne déjeunais pas (ou alors debout, en me maquillant dans la salle de bain), j’oubliais des trucs et pire, je perdais tout le temps mes clefs au moment fatidique de partir, ce qui rendait tous mes efforts pour être à l’heure franchement vain.

Pour pallier à ce problème, j’ai commencé à mettre en place des espèces de « life hacks », qui se sont révélés être plus chronophages encore. Forte d’imagination, dès le CM2, j’ai tenté, une fois, pour gagner du temps le matin, de me coucher toute habillée (la bonne idée). Bon, mon père a tout de suite capté le truc en venant me lire mon histoire et exit la tenue d’école, rebonsoir pyjama. Quelques années plus tard, j’ai tenté d’autres techniques, selon moi plus intelligentes : Je choisissais mes vêtements avant de me coucher, je préparais mon petit déjeuné sur la table de la cuisine la veille au soir, je prenais ma douche avant de me coucher, faisais mon sac de classe une fois mes devoirs terminés etc. Mais malheureusement, cela ne suffisait jamais. JAMAIS.

La vérité, c’est que je prenais trop la confiance. Bah oui, si je prépare tout la veille, ça veut dire que je peux dormir plus le matin, non ? Grave erreur. Rendons nous à l’évidence, préparer ses affaires le soir permet simplement de gagner 10 minutes maximum. Sauf que je me permettais de dormir 20 minutes de plus. De fait, tous mes plans étaient foirés d’avance. Je finissais inévitablement fatiguée, en retard, énervée et j’oubliais toujours autant mes affaires (mettre du fard à paupière et pas de mascara c’est pas super beau, je dois dire).

Pire : je perdais du temps le soir, puisque je passais bien trois quart d’heure à (douche comprise) de mon temps à ranger et préparer. En finalité j’étais toujours perdante. La situation s’est améliorée quand je suis entrée en école supérieure, puisque mon logement se trouvait à 5 minutes de l’école, sur le campus. Exit les problèmes pendant 3 ans. Sauf qu’après ça, j’ai été à la fac’ pour mon master et que, là, il fallait prendre le bus.

Prendre le bus signifie qu’il est nécessaire d’être à l’heure, ou mieux encore, en avance. Rien avoir avec tes parents, qui attendent patiemment que tu ai fini de te préparer pour t’engueuler parce que tu es en retard puis t’amener au lycée en voiture. Le bus, ça ne pardonne pas. C’est le piège, c’est fourbe, c’est jamais à l’heure,une fois en retard, une fois en avance, parfois annulé. De plus, les horaires changent en fonction des périodes scolaires, bref, le bus, c’est le mal.

J’étais dans l’impasse, donc, j’ai pris le bus pendant un an. Je suis arrivée parfois trop en retard, parfois trop en avance, rarement à l’heure quoi. Je perdais mes clefs avant de partir et je déjeunais dans le bus, au risque de m’étouffer en cas de dos d’âne trop violent. Je n’étais jamais dans les temps.

Il faut que ça change.

L’illumination ne m’est pas venue toute seule. J’ai dû attendre jusqu’en novembre dernier pour y faire quelque chose.

En réalité, la situation était en train de m’échapper. Je dormais peu et mal, j’étais décalée et j’avais des soucis personnels qui m’empêchaient de me concentrer. J’avais l’impression de passer la moitié de ma journée à glandouiller, à réfléchir dans le vide. Ce n’étais plus seulement une heure le matin et une heure le soir que je perdais, mais bien une demi journée ou les trois quarts. J’étais inactive physiquement, sauf que mon cerveau, lui, était (comme depuis toujours) en hyper-activité.

Remettons les choses dans leur contexte : J’ai toujours trop pensé. Que ce soit pour prendre des décisions, créer ou agir, mon cerveau est TOUJOURS beaucoup trop rapide. Une multitude d’idées envahissent ma tête en quelques secondes. Il suffit que je vois un objet, une série, un film ou n’importe quoi qui m’attire et ma tête part en vrille. Un tas de projets naissent dans mon esprit, je dois me renseigner coûte que coûte, tout savoir sur le sujet, le maitriser jusqu’au bout des doigts, inventer une suite, un jeu, filmer, monter, écrire, lire, dessiner, créer etc. En gros, tout ce qui suscite un quelconque interêt chez moi met mon cerveau sur des rails et il m’est alors impossible de m’arrêter de penser. Comme je rencontre plusieurs sujets très intéressants par jour, autant dire que mon cerveau fait de sacré bons.

Ces derniers mois, j’ai découverts beaucoup de sujets très intéressants, sauf que, jusqu’au mois dernier, je passais toute mes journées à plancher sur mes devoirs pour la fac et je n’avais ni le temps ni la force physique de réaliser aucune de mes envies. Je finissais par loger tout ça dans un coin de ma tête, sans savoir qu’en faire et surtout « quand » faire.

Puis un jour de décembre, pendant la journée des anciens de la fac, j’ai découvert le travail de Laura Mabille et notamment ses formations en ligne sur le fameux Miracle Morning, initiée par Hal Elrod.

Laura Mabille, la femme qui te donne envie de plaquer ton CDI pour enfin vivre ta vie.

Je ne veux pas vous spoiler mais, en bref, dans son livre, Hal explique comment il a réussi à atteindre ses objectifs professionnels et personnels en donnant du temps à sa personne et à ses projets, en se levant plus tôt, tous les matins, dans le but d’effectuer des activités sensées augmenter son potentiel et ses connaissances. (Oui, c’est du big résumé, j’avoue).

Le fait est que, lorsque j’en ai entendu parlé pour la première fois, je me suis dit « ok, c’est pas mal, mais, qu’est ce que je peux attendre réellement de ce genre de pratique ? » .

J’avais envie de changement, de rigueur, d’organisation, bref, de gagner du temps et de vivre mieux. J’ai donc laissé mon scepticisme de côté et j’ai été acheter le fameux livre de Hal Elrod, Miracle Morning. Je l’ai lu en trois jours. J’ai été parfois très rebutée par le côté « prometteur » de Hal. En effet, me promettre ouvertement succès dans tous les domaines, en me levant simplement une heure plus tôt le matin, soyons honnête, ça m’a fait l’effet d’une grosse arnaque.

MAIS, j’ai laissé mes aprioris de côté, j’ai mis au placard mes idées reçues et je l’ai fait. Il le fallait.

Et du coup, je fais quoi ?

Je dois souvent arriver à la fac à 9h30. Tous les matins, depuis un mois (vacances incluses), je me lève à 6h30. J’ai adapté le programme proposé dans Miracle Morning pour qu’il me convienne. Ainsi, je commence ma journée de la manière suivante :

6h30 :

Je me réveille et je sors du lit. J’allume le chauffage dans mon appart’, je prends un grand verre d’eau, je me brosse les dents.

6h35 :

Je m’assoie sur le canapé du salon, avec mon plaid. Je ferme les yeux et je fais des exercices de respiration pendant 5 minutes.

6h40 :

Je répètes à haute voix des affirmations pour me donner confiance et supprimer mes croyance limitantes.

6h45 :

Je me donne un moment pour faire de la visualisation. Pendant 5 minutes, je m’imagine réalisant mes objectifs et surtout, le chemin à parcourir et les épreuves à surmonter pour y arriver.

6h50 :

J’ouvre mon journal et j’écris pendant 20 minutes. J’écris mes sentiments du moment, ma journée précédente, comment je voudrais que se déroule la journée à venir. À la fin, je fais le déroulé de mes objectifs du jour, par ordre de priorité, puis de celui qui prend le moins de temps, à celui qui sera le plus chronophage.

7h10 :

Je lis un chapitre de livre, parfois deux. En ce moment je lis deux livres en même temps, donc je lis deux chapitres chaque matin.

7h30 :

Je passe dix minutes à me promener sur Internet pour créer un tableau d’inspiration sur Pinterest. Dans le but de me donner plein d’idées pour mes projets perso’ et de commencer la journée en ayant envie d’en faire plus. Parfois, à la place, je fais 10 minutes d’étirements.

Après ça, je réveille mon chéri, puis je me prépare un VRAI petit déjeuné, avec du thé, des gâteaux, bref, ce que j’avais zappé de faire depuis des années. Ensuite je me prépare tranquillement en écoutant les infos.

Quelles conclusions ?

Finalement, me lever plus tôt ne constitue pas un réel problème pour moi. Il me suffit de « programmer » mon esprit pour me dire que je vais me lever a 6h30 le lendemain et le tour est joué. Je sais que pour certains, ça peut paraître tôt, trop tôt. Mais j’ai fait la comparaison avec mes années lycée, pendant lesquelles, je me levais à 6h30 chaque matin, sans me poser plus de questions. C’est uniquement depuis que je fais des études supérieures que j’ai (que j’avais) le privilège de me lever et de commencer ma journée plus tard. Je ne suis pas morte au lycée, alors bon.

Le fait de me lever plus tôt me permet d’avoir un moment de la journée pendant lequel je peux me concentrer sur moi-même. On a trop souvent des projets ou des objectifs qui nous traversent l’esprit, mais que l’on laisse de côté sous prétexte que l’on a trop de travail et parfois même, on les oublie. Par exemple, si j’ai envie de me lancer dans l’écriture d’un roman, mon emploi du temps « normal » ne le permettra pas. Mais me lever tous les matins, une heure plus tôt et orienter ma routine dans le but d’être productive sur ce plan peut m’aider a écrire mon roman, trouver des idées et donc, ne plus perdre de vue mes objectifs.

Je suis moins stressée, au réveil. Lorsque je me tire du lit a 6h30, je pense positif. Je sais que j’ai une heure de calme et de solitude pour me consacrer sur moi-même. Le fait même de savoir que je fais quelque chose pour moi, dans mon propre intérêt et pour réaliser mes désirs et mes objectifs me donne envie de sortir du lit.

J’ai aussi constaté qu’il était moins difficile de me concentrer et de me lancer dans une activité le matin. Je veux dire par là que je passe beaucoup moins de temps à réfléchir au fait que « tel ou tel truc est une bonne ou une mauvaise idée ». Mon esprit n’est pas pollué par ma journée : J’agis, point.

Cela fait maintenant un mois que je tiens un journal de bord. Si j’avais continué à l’écrire le soir, il aurait sans doute terminé comme tous les autres : rangé au fond d’un tiroir au bout d’une semaine. Parce que j’aurai eu tout un tas d’excuses, tout un tas de choses à faire, tout un tas de raisons de ne pas y toucher. J’aurai, comme toujours, voulu faire bien, écrire droit, bien, beau. Là, je me lève, je fais mes exercices et machinalement, j’embraye sur mon journal. Tant pis si je n’écris pas droit, si il y a des erreurs ou si je n’ai pas le même stylo à chaque fois, le contenu prime.

Ainsi, en un mois, j’ai rédigé 50 pages de journal, j’ai lu deux livres, j’ai pris le temps de manger correctement et j’ai enfin trouvé la foi de faire quelques exercices physiques, le tout dans le calme, sans stress, dans un bon état d’esprit. Le bonus ? Je dors mieux.

Je sais que la fin de l’après midi est réservée aux devoirs et puis, avec le temps qu’il me reste, je passe plus de temps avec mon chéri. Le fait est que je me disperse moins et que si une idée quelconque me vient (article, dessin, idée de décor etc.), je pourrais m’employer à la réaliser à un moment donné, en adaptant ma routine.

Cet exercice demande pas mal de rigueur. Lorsque j’en ai parlé à mes amis et à ma famille, ils m’ont un peu regardé comme si j’avais reçu un truc pas net sur le crâne. La plupart de mes copains sont restés un peu bêtes et m’ont avoué ne pas pouvoir se tirer du lit avant minimum 8h30 sous peine de narcolepsie. Certains m’ont demandé pourquoi je m’infligeait ça, si je croyais vraiment aux résultats positifs et m’ont ouvertement dit que j’avais dû abuser de livres ésotériques, d’histoires de chakras et « tous ces trucs là ». Mes parents ont semblé s’inquiéter de ma santé mentale après m’avoir retrouvée entrain de respirer les yeux fermés, assise sur le canapé familial à 7h du matin, le 2ème jour des vacances de Noël. Enfin, je pense que mon chéri doit me haïr un peu plus chaque matin, quand mon réveille sonne à 6h30 (bien que ce soit le seul à ne pas m’avoir jugé).

Je résiste. Moi aussi j’étais réticente au début, mais finalement, j’y trouve mon compte. J’ai un moment avec moi-même, pour organiser mon cerveau et me préparer tranquillement pour mes activités du jour. Je n’irai pas jusqu’à dire que le Miracle Morning va me rendre riche et fabuleusement douée, mais le fait est que je réalise bien plus de projets personnels depuis que je me focalise dessus au début de la journée. Je démarre du bon pied, je mets de l’ordre dans mes idées et j’ai le temps de lire et de m’instruire dans des domaines que j’aime.

Une chose est sûre, je vais continuer à me lever tôt !
Et toi, ça t’inspire quoi ?

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6 Comments

  • Reply
    Witchy Fairy
    12 janvier 2017 at 8 h 43 min

    Super article, très intéressant. Il faut absolument que je lise la Miracle Morning moi aussi. 🙂

  • Reply
    agneslepinay
    12 janvier 2017 at 10 h 00 min

    Aaaah mais ça doit faire plus d’1 an que je veux m’y mettre et j’ai jamais réussi à commencer :/ Je pense que je vais profiter du déménagement et de tous les changements que ça implique pour appliquer un nouveau mode de vie (si j’y arrive). T’as fait comment pour t’y mettre la première fois et t’y tenir toi ?

    • Reply
      iziaeverday
      12 janvier 2017 at 10 h 25 min

      La première semaine est assez simple, parce qu’au final tu es plutôt enthousiaste, c’est tout nouveau ! Après, j’ai commencé à ressentir de la fatigue la seconde semaine. Je m’endormais parfois la journée alors que ça ne m’arrivait jamais avant. Pour moi ça a été la semaine la plus difficile. Puis la troisième semaine j’ai pris l’habitude et maintenant, je me couche simplement un peu plus tôt (vers 22h30). 🙂 On pourra s’envoyer des petits messages motivant le matin si tu commences ! 😉

  • Reply
    trouvelextraordinairecom
    14 janvier 2017 at 13 h 50 min

    Super, une nouvelle adepte! Je m’y suis mis il y a presque 1 an, impossible d’envisager mes journées sans ma Miracle Morning depuis!

  • Reply
    Soy
    24 janvier 2017 at 17 h 13 min

    C’est vraiment intéressant (et c’est drôle parce que le livre me fait de l’oeil pour les mêmes raisons depuis un moment et que je me suis décidée à l’acheter ce matin même!). J’ai hâte de prendre le temps de lire et de mettre tout ça en place parce que je crois que j’en ai vraiment besoin aussi!

  • Reply
    Note positive
    19 mars 2017 at 12 h 57 min

    Je dois avouer que j’ai commencé sa lecture, mais la peur de devoir mettre en place ce rituel à la dernière page m’effraie. J’ai une bonne peur de l’échec. Ton article me donne envie de poursuivre et de tester. Après tout je ne peux pas savoir si ça va me correspondre sans essayer.

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